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Chlordécone : comment on a empoisonné du monde


Le titre de cet éditorial est volontairement anonyme : on, pour ne pas dire des planteurs de bananes, des élus de Guadeloupe et Martinique, les gouvernements successifs depuis 1976 de Valéry Giscardd’Estaing et François Mitterrand… jusqu’en1993.

Combien de Premiers ministres, de ministres de l’Agriculture, qui ont répondu aux sollicitations et délivré des dérogations pour l’utilisation dans les bananeraies d’un emolécule cancérogène ?

La plupart des survivants ne se souviennent plus de rien.

L’Etat a refusé longtemps de reconnaître sa responsabilité, les procès successifs pour désigner des coupables, exiger des dommages-intérêts pour des populations entières contaminées (80 à 90% des Guadeloupéen(e)s et Martiniquais(e)s), se concluent par des non-lieux…

Et pourtant, ce chlordécone fait l’objet de toute l’attention des autorités avec des plans dédiés, des protocoles pour éviter de nouvelles contaminations alimentaires, des campagnes pour inciter les habitants à se faire dépister…

L’empoisonnement massif des populations à ce niveau est comme un crime d’Etat.

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